Motion de solidarité avec les familles des détenus rejetée : l’UDC interpelle Jean-Martin Mondoloni (UMP-Corse)

Monsieur le Conseiller Mondoloni,

A l’occasion de la dernière session de l’Assemblée de Corse, votre groupe « Rassembler pour la Corse » a rejeté une motion qui demandait la gratuité des transports pour les familles des détenus incarcérés hors de Corse. Sur votre blog personnel, vous expliquez ce choix par trois motivations. D’abord, vous opposez la situation financière de la CTC. Ensuite, vous opposez l’incompétence juridique de la CTC. Enfin, vous craignez en cas d’adoption de ladite motion un appel d’air et la possibilité pour d’autres catégories précaires de la population insulaire de souhaiter une aide de transport.

L’Unione di a Diritta Corsa s’inscrit en rupture avec la position défendue par votre groupe. Pourquoi ?

Sur le premier point :
Alors que l’exécutif que vous soutenez depuis 2004 est le premier responsable de la situation catastrophique des finances territoriales, de l’aveu même d’un rapport de la Chambre Régionale des Comptes et de la note faite à son intention par le Président Jean Baggioni, vous semblez vous soucier bien tardivement de l’équilibre budgétaire territorial ! Au lieu de tolérer les dépenses colossales de fonctionnement, au lieu de laisser la CTC choisir des supports financiers risqués en période de crise, qu’avez-vous fait ? Vous avez pénalisé des familles entières qui ne sont pas responsables de l’incurie de l’exécutif que vous soutenez à corps et à cri. Ces familles, même si elles ne votent pas pour vous, elles payent leurs impôts, et elles ont un droit inaliénable à la solidarité territoriale. Si nous pourrions disserter encore longtemps sur la gestion financière de la CTC, allons à l’essentiel et considérons le cas d’espèce.

Sur le deuxième point :
Si le rapprochement des prisonniers corses sur l’île est un engagement pris par le Parlement et donc relève de la responsabilité de l’Etat, la non-application de la loi ne saurait certes engager la responsabilité juridique de la CTC. Mais la CTC n’a-t-elle pas une responsabilité morale, politique ? S’il est compréhensible qu’une loi de la République puisse avoir des difficultés pratiques à être mise en oeuvre rapidement, il n’est pas du tout compréhensible que la CTC refuse, sous couvert d’un argument juridique fallacieux, tout geste de solidarité. Je rappelle à cet effet que le Président du Conseil exécutif de Corse avait annoncé qu’il entendait proposer à l’Assemblée de Corse de voter une aide financière afin de témoigner la solidarité de la CTC à l’égard de la région des Abbruzes, gravement touchée par un séisme. Nous ne contestons pas ce geste de solidarité mais nous vous faisons remarquer que le versement d’une aide financière au bénéfice d’une autre région, d’un autre pays, ne répond à aucune disposition juridique issue du statut de la Collectivité Territoriale de Corse. Nous constatons donc avec regrets que, pour vous, la solidarité semble être à géométrie variable.

Sur le troisième point :
Au nom de la continuité territoriale de la santé publique, nous sommes favorables à une extension de l’aide aux transports aux patients socialement nécessiteux. Et nous sommes choqués de constater, dans vos propos, une fin de non-recevoir à ce sujet.

En somme, au lieu de dépenser des sommes folles dans les études d’élaboration du PADDUC, vous auriez mieux fait de vous intéresser un peu plus à la politique de solidarité de la CTC. Et n’opposez pas sans cesse la compétence juridique et les statuts ! Vous savez le peu de sympathie que le Président de la République, Nicolas Sarkozy, porte à l’immobilisme et au conservatisme des statuts. Vous avez une responsabilité politique forte. Si votre politique consiste à vous défausser en permanence sur l’Etat, alors ne vous présentez plus aux élections puisque vous prétendez ne rien pouvoir faire. Et, de la même manière, si vous admettez être dans l’incapacité de porter la voix de la Corse à Paris, ne vous présentez plus aux élections en Corse.

Il est vrai, Monsieur le Conseiller Mondoloni, que depuis 2007, contrairement à Alexandre-Guillaume Tollinchi, vous et vos amis n’avez pas été vus souvent à l’Elysée…

Réaction de l’Unione di a Diritta Corsa – 15 octobre 2009

Leave a Reply